BOURDEAU Axelle

Bourdeau Axelle est architecte DPLG, diplômée en 2004, de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Montpellier (ENSAM). Depuis 2004, elle est enseignante contractuelle à l’ENSA de Montpellier et intervient dans le champ TPCAU aussi bien en Licence qu’en Master. Parallèlement, elle exerce en libéral à Montpellier depuis 2004 puis s’associe avec Pierre Soto architecte en 2011 et ils créent l’Atelier d’Architecture Axelle Bourdeau & Pierre Soto (sarl). Ayant suivi l’enseignement de Gilles Perraudin sur l’utilisation de la pierre massive dans l’architecture contemporaine lors de son cursus à l’ENSA de Montpellier, c’est naturellement qu’elle s’oriente vers des projets utilisant ce matériau, et en 2008, devient lauréate avec Pierre Soto du Concours d’Architecture Pierre Naturelle avec la Maison Communale des Associations de Cabrières (34), construite en pierre massive du Pont du Gard. D’autre part, elle est sensibilisée à la question du handicap par Pierre Soto, son associé, et se spécialise en accessibilité universelle, notamment dans la défense des victimes d’accidents corporels auxquelles elle apporte une expertise et une assistance dans l’adaptation de leur logement, mais aussi avec la réalisation de projet innovant dans la Santé comme la rénovation du Château de la Porte Neuve et de son parc, en Centre de Vacances et de Répit pour les adhérents handicapés de la MGEN et leur famille.

Sujet de recherche : Doctorat à venir
Axe de recherche faisant l’objet d’un futur doctorat en architecture :

Architecture, Urbanité et Santé.
Comment l’architecture et l’urbanité contribuent-elles à créer des environnements de vie[1] favorables à la santé ?

L’architecture et l’urbanité interfèrent de manière intrinsèque sur la santé et le bien-être de leurs usagers, les conditions environnementales en sont des facteurs déterminants. Les environnements de vie qu’ils soient numériques, politiques, urbains, architecturaux ou sociaux, …, interagissent les uns avec les autres et contribuent à créer des « environnements de vie » favorables ou non à la santé, suivant des facteurs de production, de protection, de réparation de santé ou d’agression.5
La Santé est une notion complexe qui a beaucoup évolué. En 1946, l’OMS,[2] la définit comme « un état de complet bien-être à la fois physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Plus qu’un état, la santé est une ressource et un processus dynamique et global qui doit permettre à chaque individu « d’identifier et de réaliser ses ambitions, satisfaire ses besoins et évoluer avec son milieu ou s’y adapter… »[3]. Plus récemment en 2010, la déclaration d’Adélaïde propose d’intégrer la santé dans toutes les politiques publiques.
Le lien entre Architecture, Urbanité et Santé ne date pas d’hier. Au XIXème et au XXème siècle, architectes et urbanistes ont notamment contribué à vaincre les maladies comme le choléra et la tuberculose en assainissant les rues, les aqueducs ou les bâtiments. Or nous pourrions également remonter jusqu’à Hippocrate qui préconisait déjà en 400 avant JC, qu’avant de soigner, il fallait considérer le « milieu environnemental » (air, sol, saison, eau,…) dans lequel vivait les populations, évaluer son influence mais aussi étudier les modes de vie des habitants.[4]
La compréhension du mécanisme de production de notre cadre de vie est par conséquent essentielle.

Au XXIème siècle, un constat s’impose : plus des 3⁄4 de la population vit dans les villes, cela va changer considérablement l’approche de nos environnements et du développement urbain, mais aussi péri-urbain, péri-rural et rural. L’environnement bâti métropolitain caractérise notre comportement et influence notre santé. Nous percevons souvent l’environnement urbain comme un milieu hostile pour le vivant, source de bien des maux de la société. Cependant les environnements urbains et architecturaux contribuant au bien-être et à la qualité de vie résultent d’une lente évolution de nos villes vers de meilleures conditions de vie et de confort qui intègrent tout autant nos modes de vie que la qualité de nos environnements bâtis et paysagers. « Concevoir la ville idéale a toujours été un objectif des bâtisseurs, la nécessité d’y adjoindre l’hygiène, le bien-être, la qualité de vie a trouvé une réponse différente selon les époques, les modes de vie, les cultures, les lieux. »[5]

De même, il est reconnu que l’accès à des espaces verts a un net impact sur la santé. L’intégration de la végétation en milieu urbain n’est pas nouvelle, puisque c’est sous Napoléon III et le préfet Haussmann que Paris est réaménagé pour offrir un nouveau souffle à la ville. A cette époque, on introduisait déjà des arbres dans nos villes le long des grands boulevards, dans les parcs, et les squares pour améliorer la qualité de l’air, rafraichir les ilots de chaleur et octroyer du bien-être aux citadins. Paris est à l’origine de la ville moderne et végétalisée selon une organisation cohérente, hiérarchisée et systématique. A la même époque, c’est avec une certaine imprécision que la question de l’insalubrité des logements est abordée au plan légal, mais ce n’est que bien plus tard que la loi de 1850 sur l’insalubrité sera réformée par la loi de santé publique de 1902. L’actuelle prise de conscience de la transition climatique pousse un mouvement mondial à produire un urbanisme et une architecture qualifiés de ‘’durable et soutenable’’ respectueux de l’homme et de son environnement, et à concéder de plus en plus de place à la végétation en ville.

D’autre part, Santé et Architecture ne se rencontrent pas que dans les hôpitaux. Tout autant par leur conception que par la qualité des matériaux utilisés, les logements, les lieux de travail ou encore les lieux de loisirs ont un réel effet sur notre santé. Grâce à la qualité de leurs espaces et de leur lumière, les bâtiments influencent notre moral. Des expérimentations sur l’impact de l’architecture sur le bien-être de ses usagers sont en cours : ainsi, depuis 2015, l’entreprise Delos et la Mayo Clinic ont créé le laboratoire Well Living LabTM (ou le laboratoire du bien-être), dans la ville américaine de Rochester (Minnesota). L’idée est d’affiner la recherche sur les formes, volumes, objets, couleurs, surfaces et conditions écologiques, thermiques et sonores pour stimuler la santé et le bien-être dans les espaces intérieurs.[6] Désormais, il apparait évident que les questions de santé publique doivent être prises en compte dans la conception des bâtiments. « Au cours des dernières années, explique Avi Friedman[7], nous avons appris à concevoir des bâtiments écologiques. Il faut maintenant ajouter les saines habitudes de vie à nos préoccupations.»

Après les différentes réglementations autour du développement durable comme par exemple l’Agenda 21, la loi Accessibilité de 2005 et la loi de Décembre 2015 sur « l’adaptation de la société au vieillissement », la question de la santé s’impose chaque jour davantage tant aux maîtres d’œuvre qu’aux décideurs sans pour autant que les éléments conceptuels soient encore complètement acquis. Ces sujets doivent être aujourd’hui au cœur de la réflexion entre les professionnels de santé et les intervenants sur la ville et l’habitat. Cela pose nécessairement la question de la transdisciplinarité entre les professionnels de santé et de l’architecture et notamment, de trouver un langage commun.

L’axe de recherche s’inscrit dans une démarche prospective de l’urbanité pour une meilleure qualité de vie, l’architecture et l’urbanisme étant les révélateurs d’environnements de vie favorables à la santé et au bien-être. Promouvoir le bien-être physique et mental dans l’architecture constitue une approche innovante d’une nouvelle réflexion avec pour ligne de conduite quelques principes philosophiques : la sécurisation, la réduction des tensions, la motivation à l’action et la réalisation de l’être. Au travers d‘une approche positive de la santé, le propos sera de déterminer les caractéristiques d’une architecture ‘’régénérante et constructive’’, enjeu majeur de santé, procurant du bien-être et un sentiment de plénitude dans un environnement urbain de qualité.



[1] Concept créé par Catherine CECCHI et présenté lors du Congrès de la SFSP en septembre 2013 « Santé publique et environnements de vie, transport, mobilité, déplacements, aménagement de l’espace. »
[2] Charte de l’Organisation Mondiale de la Santé (1946)
[3] Charte d’Ottawa, 1986
[4] « Des airs, des eaux et des lieu x » , Traité- Hippocrate vers 460 – 370 av. J.-C.
[5] Catherine CECCHI, » Environnements de vie, territoires et aménagements urbains, Vers une gouvernance en faveur de la santé et du bien-être » Revue ADSP n° 103 juin 2018, p : 19-22
[6] Anthes, E. (2016). The Office Experiment, Can Science Build the Perfect Workspace? Nature, 537(7620), 294 pages
[7] Avi Friedman, architecte et professeur à l’École d’architecture de l’Université McGill (Canada)



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