LAFOND Jérôme

Re-territorialisation – Renouer avec le sens caché de l’Architecture

De tout temps, l’Architecture fait « sens », de par sa culture, son évolution à travers les époques, son ancrage dans un territoire, la justesse d’implantation dans une géographie, son rapport au climat, etc. Depuis l’aire industrielle, nous constatons que la coévolution entre l’Homme et la Nature est rompue : place à la Machine. Cette rupture, préalable à l’aire de la pensée de la déterritorialisation, met l’ « objet » architectural comme manifeste d’une époque de production urbaine de l’après 2e Guerre Mondiale, s’éloignant des principes mêmes de la charte d’Athènes. Aujourd’hui, le constat d’une grande part de la production urbano-architecturale reste limité à des réponses techniques, normatives, constructives, d’offre promotionnelle aux logements «dépersonnalisés», aux slogans politiques durablement éphémères. En réaction à cette pratique de la production architecturale, nous, architectes, devons renouer avec le sens caché de l’Architecture, où la culture architecturale est le pilier de toutes innovation et évolution de cet art majeur, où la conception doit être la synthèse de la traversée des échelles de pensée, du territoire au détail architectural, où l’Architecture n’est plus un but, mais un moyen  de redéfinir la place de l’Homme dans son paysage. Par conséquent, le concept de « Reterritorialisation » réinterroge le paradigme actuel afin d’« élever les consciences » vers de nouveaux modes d’Habiter, plus en harmonie avec son environnement, où le global agit sur le local et où le local se réapproprie l’identité subtile des lieux.

HABITER LE GRAND PAYSAGE

« Habiter le grand paysage » est un cadre de réflexion et de recherche permettant de redéfinir l’acte de ‘’Construire’’ l’Architecture, au sens large du terme, comme un ‘’Pré-texte’’ de lier ‘’l’Homme’’ à son « Territoire ». Nous nous confrontons de plus en plus à une déterritorialisation de la pensée de l’Habiter, où la production architecturale s’abstrait de son territoire au profit de la banalisation et de la perte du « désir d’Habiter » un territoire plus qu’un autre.
Ce travail de recherche permet d’enrichir une approche professionnelle et pédagogique expérimentant la traversée des échelles de pensée où le Territoire agit sur l’Architecture, où l’Architecture est un moyen d’accéder à une compréhension plus « élevée » de l’Homme face à la complexité de son environnement. Pour cela, ce travail s’appuiera sur le croisement de mouvements et théorie architecturales telles que le régionalisme critique*, la reterritorialisation, la Biorégion Urbaine**, les nouvelles figures territoriales en milieux urbains et ruraux, les ressources territoriales durables, renouer avec le sens caché de l’Architecture, mais aussi par l’analyse de projets « icones »,par des travaux d’étudiants menés depuis plusieurs années dans les Écoles Nationales Supérieures d’Architecture, mais aussi par des entrevues avec des architectes, urbanistes, paysagistes, dont le thème « Habiter le Grand Paysage » est le manifeste de leurs expériences professionnelles.
La transversalité des corpus théoriques, analytiques et pédagogiques aura pour objectif de mettre le « projet » au cœur de la démarche de recherche, de faire émerger de nouveaux outils de compréhension de la transformation subtile des paysages, et de rendre efficiente la lecture inconsciente d’un territoire par une architecture vécue.

* Le régionalisme critique, Kenneth Frampton, Alvar Aalto, Jorm Utzon.

** La biorégion urbaine et Projet local, Alberto Magnaghi




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