APPEL À CANDIDATURE

Sacralité dans l’Architecture : Espaces de la mort et du souvenir
Organisé par : Annabelle Iszatt - MCF. ENSAM, docteur en architecture et Mathieu Percebois - Enseignant ENSAM


« SACRALITÉ DANS L’ARCHITECTURE : ESPACES DE LA MORT ET DU SOUVENIR »
Ce colloque portera sur l’expression du sacré dans les espaces dédiés à la mort et au souvenir dans notre société. Le sacré, entendu ici comme détaché de la religion, bien que très présent dans les réalisations contemporaines, est peu explicité comme spatialité pensée par et pour le rite. La démarche des architectes sur ce point n’a pas fait l’objet de lecture ouverte. Le mot « sacré » semble presque tabou dans cette discipline. Par un regard sur des architectures et paysages contemporains, le colloque aura pour objectif de révéler et comprendre la manière dont l’architecture contemporaine interroge la sacralité. Quatre axes d’études, appréhendés à la croisée de plusieurs champs disciplinaires, seront proposés afin rendre compte de la richesse du sujet, tant dans le processus de conception que dans la pratique spatiale.


LE RITE COMME PENSÉE STRUCTURANTE DE L’ESPACE
La lecture que fait Lévi-Strauss du rite associe trois aspects : les « paroles proférées », les « gestes accomplis » et les « objets manipulés ». Il sera intéressant d’élargir cette lecture par une attention au lieu, imprégnée de la parole, du geste et de l’objet. L’architecture en tant que langage tisse le lien entre le signe matériel et l’objet de la pensée. Quelle sémiotique est à l’œuvre dans les projets contemporains ? A quels imaginaires collectifs, universels font-ils appel ? Comment s’exercent le lien entre ces signes et nos gestes ? Selon Jean Cuisenier, le rite serait un élément régulateur essentiel, vecteur de l’ordre de notre relation à l’univers et aux autres. L’architecte lui-même, au travers de son projet et de son processus de projet, exprime une vision personnelle de cet ordre. Comment les concepteurs ritualisent-ils leur chemin de pensée sans le dire ? Quelle influence sur leur projet ? Comment organisent-ils aussi un ordre, reflet de ce qui les a construits et les influence ?
 
SACRALITÉ ET PLACE DE LA MORT DANS NOTRE SOCIÉTÉ
L’Abbé Morel observe que « si tout en principe est sacralisable, rien ne serait plus sacré, quand tout serait sacralisé et le choix de ce que l’on sacralise dans une civilisation est par lui-même fort significatif de son ou de ses ordres de valeur ». Quelle est la place de la mort dans notre société ? Quel impact sur la pensée des espaces funéraires ? Y a-t-il des lieux plus sacrés que d’autres dans les espaces funéraires ? La sacralité peut-elle s’exprimer au cœur de la ville dense ? Comment l’architecture affirme-t-elle cette distinction entre sacré et profane ? L’espace de la mort s’associant à la notion d’absence, comment les projets se font-ils support du souvenir ? Quel rôle particulier joue l’architecture dans cet accompagnement du deuil puis du souvenir ?

LA PLACE DE LA MORT DANS LA VILLE – NOUVEAUX PAYSAGES URBAINS
Rudolph Otto identifie des moyens architecturaux qui permettent d’atteindre le sacré. Parmi lesquels les proportions monumentales, l’obscurité, le silence et le vide. En quoi les questions des proportions, lumière, matière et texture sont-elles abordées différemment aujourd’hui ? Comment l’architecture devient silence ? Le travail du parcours est-il aussi prédominant dans les cimetières contemporains ? Comment les notions de seuil, de temps, d’enceinte, de limite s’expriment-elles dans les projets funéraires ? Quelle image du rapport à la mort mettent en scène les architectes contemporains ? Entre paysage et architecture, quels modèles les projets contemporains interrogent-ils ? A l’heure où la densité démographique, nous amène à porter une attention particulière à la préservation du territoire, quels sont les nouveaux enjeux de l’espace funéraire ? Comment la démographie des morts influence-telle la conception de ces espaces ? La verticalité devient-elle un élément déterminant ? Quel rapport à la ville se met en place dans les mégalopoles ? Quelles sont les nouvelles formes de dialogue avec le contexte qui se créé en situation de densité ? Quelles sont les nouvelles attentes rituelles d’une société en mutation ? Existe-t-il de nouvelles spatialités ?

LA MORT ET L’ESPACE NUMÉRIQUE
Les nouvelles technologies et l’espace numérique ouvrent à de nombreux questionnements concernant notre rapport à la mort. Si certains projets s’appuient sur leur intégration pour développer une vision innovante, la pandémie a révélé un potentiel encore mal exploité d’expériences distancielles. Dans quelle condition le rituel funéraire, qui offre un accompagnement vers l’absence définitive de l’être proche, peut-il être virtualisé ? Quels sont les enjeux du numérique dans ce moment particulier ? A quelle temporalité nouvelle fait référence ce temps du deuil ? Comment exprime-t-il la notion de traces ? Quel impact sur l’espace physique ? Comment le lieu d’inhumation peut-il recueillir tout ou partie de l’histoire numérique d’une personne ? Ce lieu peut-il organiser, proposer la diffusion mémorielle et participer au recueillement ? La tombe, par sa localisation, peut-elle proposer une matérialisation des datas numériques ? L’espace numérique peut-il être vraiment décontextualisé ?



APPEL À PROPOSITIONS
Le HITLab invite les chercheurs ainsi que les architectes praticiens à présenter des travaux dans le cadre du colloque « Sacralité dans l’architecture : espaces de la mort et du souvenir » qui te tiendra à l’ENSA de Montpellier en Février 2022.

Le comité scientifique sélectionnera un maximum de douze propositions qui entrent dans le cadre des thématiques suivantes :
•    Le rite comme pensée structurante de l’espace
•    Sacralité et place de la mort dans notre société
•    Place de la mort dans la ville – Nouveaux paysages urbains
•    La mort et l’espace numérique

Chaque proposition retenue fera l’objet d’une conférence ou d’une table ronde, suivant le contenu proposé. La présentation pourra se faire en français ou en anglais et ne devra pas dépasser 40 minutes.

CONSIGNES DE SOUMISSION
Les propositions de contribution peuvent être rédigées en anglais et en français. Elles devront être adressées par mail à l'adresse hitlab@montpellier.archi.fr en format pdf (max. 6 MB) avant le 30 Septembre 2021.
Il est accepté différents types de contributions. Il peut s’agir de travaux de recherche tournés vers l’architecture. Mais il peut également s’agir de démarche ou processus de projet architectural ayant une dimension expérimentale ou prospective. Cela inclus des projets architecturaux, réalisés ou non, présentant une posture pertinente sur les thématiques du colloque.

RÉSUMÉ DE LA CONTRIBUTION
Il devra comprendre les éléments suivants :
•    le titre de l’intervention
•    un résumé de la contribution proposée sur un maximum de quatre pages A4
•    une présentation de la/ou les réalisations sur maximum deux pages A3 ( avec légende)
•    une présentation de l’auteur (Nom, Email, Téléphone, Université/Entreprise, Pays,
Biographie)

PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE
Les contributeurs soumettant des travaux s’assurent du respect de la propriété intellectuelle pour eux-mêmes et envers des tiers éventuels. Les documents soumis seront libres de droit. Leurs auteurs cèdent les droits d’exploitations des documents fournis dans le cadre du colloque et acceptent qu’ils puissent être publiés pour toutes communications liées à la visibilité de l’événement (exposition notamment, documentation d’archives du laboratoire).

CONDITIONS DE PARTICIPATION
Le HITlab couvrira les frais de déplacement et d’hébergement des intervenants sélectionnés. Il n’est pas prévu de rémunération.
Chaque auteur s’engage à remettre avant l’événement une version écrite de sa contribution, qui sera publiée dans les actes de colloque. Dans un délai raisonnable après l’événement, cette rédaction pourra faire l’objet d’amendements si jugé nécessaire.


︎Télécharger l’appel à candidature (français/english)
GRF HITLab - ENSAM
176 rue de l’Espérou - 34093 Montpellier cedex 5
Nous contacter :  hitlab[@]montpellier.archi.fr
︎  ︎